Douleur thoracique, urgences et ostéopathie

 

Vous avez mal à la poitrine ? Pas de panique, vous allez être pris en charge.

Par qui ? C’est une autre histoire… car cela dépend de l’origine de vos douleurs. Nous vous proposons un état des lieux de la prise en charge de la douleur thoracique aujourd’hui  avec un éclairage particulier sur la place de l’ostéopathie dans votre parcours de soins.

 

 

Premier acte : apparition de la douleur 

Cela commence souvent par un tiraillement dans la poitrine puis cela devient vite gênant et puis force est de constater que c’est douloureux dans le thorax.

Commence l’inquiétude pour l’anormalité de la chose : c’est la première fois qu’on ressent une douleur dans cette région du corps, l’angoisse survient et l’instinct de survie nous fait faire appel à la médecine craignant pour notre survie : « Dites donc, il y a un cœur dans ce thorax ! »

C’est une demande urgente !

Les urgences médicales,  SOS médecins, médecin traitant, médecin à domicile, tout est mis à disposition pour une prise en charge efficace.

 

2ème acte : douleur thoracique et urgences, éliminons un problème grave ! 

Le médecin va rechercher une pathologie grave devant des symptômes évocateurs d’une potentielle atteinte cardiaque ou pulmonaire : douleur oppressante, irradiation dans le bras gauche ou la mâchoire, essoufflement au repos, sueurs, etc…

Le médecin urgentiste et toute son équipe s’occupent alors de nous.

Un interrogatoire est réalisé, les paramètres vitaux (tension artérielle, pouls, saturation en oxygène, température) sont évidemment contrôlés.

Une prise de sang  est demandée pour réaliser ainsi un bilan global en passant par celui du cœur, des composants même du sang, de l’immunité, de l’inflammation…

L’électrocardiogramme reste l’incontournable en matière d’examen du thorax ; il permet d’apprécier notamment une anomalie du rythme cardiaque et de suspecter un infarctus.

En attendant les résultats sanguins, une radiographie du squelette thoracique peut être demandée voire une échographie selon l’appréciation du médecin urgentiste.

Toutes les avancées de la médecine permettent de vous rassurer et vous dire si votre survie est engagée et si une intervention médicale voire chirurgicale est nécessaire.

Il arrive que les examens ne révèlent rien. L’urgentiste peut être amené à vous expliquer qu’il n’y a rien de visible à la radiographie ou à l’échographie soutenu par un bilan sanguin ne révélant rien non plus d’anormal !

Et là, le diagnostic tombe, vous êtes presque déçu : « MEDICALEMENT » il n’y a rien. Rien du tout.

Mais voilà, vous avez encore mal.

 

3e acte : Traitement de la douleur thoracique en ostéopathie

 

Aucun organe n’est touché, et vous avez bien compris que, de fait, cela n’intéresse plus vraiment les médecins.

Le travail de diagnostic et/ou de pronostic des urgentistes est fait, le patient et le médecin se trouvent face à cette douleur non expliquée, parfois non explicable.

Que recommander ? Du repos ? Un antalgique ? Un anti-douleur non spécifique?

Tout signal douloureux dans notre organisme est un signal d’alerte. Si ce n’est pas une alerte vitale, il s’agit d’une alerte tout de même. Mais pour vous signaler quoi ?

La réponse est la suivante : un problème non pas concernant les organes (poumons, coeur), mais de la cage thoracique (ce qui entoure les organes) : c’est la précordialgie.

 

Le champ d’intervention de l’ostéopathie

Un dessin vaut mieux qu’un long discours et je crois que cette « anecdote » historique saura vous donner la clef pour comprendre l’ostéopathie : lors d’une interview d’Andrew Taylor Still, le père fondateur de l’ostéopathie, le journaliste lui aurait demandé de définir l’ostéopathie.

Il aurait répondu : « L’ostéopathie c’est de l’anatomie, de l’anatomie et encore de l’anatomie ».

Que peuvent bien étudier les ostéopathes pendant 5 ans d’études ? « De l’anatomie, de l’anatomie et encore de l’anatomie ».

 

L’anatomie du thorax 

Le thorax est une boîte composée d’os, de cartilages et de muscles. C’est une enveloppe pour le cœur, les poumons mais pas que !

Elle contient l’œsophage (le tuyau qui relie la bouche à l’estomac), la trachée (le tuyau qui relie la bouche aux poumons) mais aussi tout le paquet vasculaire et nerveux pour faire fonctionner tout cela !

Ce thorax est séparé globalement en 2 par un muscle : le diaphragme.  C’est un muscle en forme de parapluie qui s’insère sur tout le pourtour de la base de votre thorax et recouvre les viscères digestifs !

Sous la base de vos côtes gauches, vient s’abriter votre estomac et votre rate, sous la base de vos côtes à droite vient se loger votre foie.

Il est difficile comme cela d’imaginer ce qu’il serait possible de faire ?

Voyons les causes possibles de tout cela sur le plan anatomique. Attention, on rentre dans la partie un peu technique….

 

Mécanisme de la douleur costale

S’il y a douleur, c’est qu’il y a émission d’un message nerveux douloureux depuis une région du corps.

Comme pour un ordinateur, tous les composants : souris, clavier, disque dur externe, … sont connectés à l’unité centrale. Dans le corps c’est la même chose : tous les organes qui composent le corps sont connectés, sauf que notre unité centrale c’est notre cerveau avec notre moelle épinière. La connexion se fait par l‘intermédiaire de nerfs.

Mécaniquement, un nerf ne supporte pas d’être étiré ou comprimé. Un nerf pour avertir de sa souffrance déclenche un message douloureux concernant l’organe qu’il a à sa charge. L’altération mécanique d’un nerf sur n’importe quel point de son trajet génèrera un message douloureux de l’organe innervé.

Comme pour votre ordinateur, si le câble qui relie la souris à l’ordinateur est comprimé au niveau du port USB ou au milieu du câble ou au point d’entrée du câble dans la souris, le résultat est le même dans tous les cas : votre souris ne répondra plus à votre commande !

 

Les nerfs possèdent des trajets dans notre corps pour relier l’organe à notre « unité centrale ». Ils sont souvent sinueux et se font au travers d’éléments anatomiques divers : sous un os, entre deux muscles, dans des enveloppes ligamentaires, enlacés sur une artère.

Tous les organes et composants de notre corps sont juxtaposés. Pas de vide entre eux, donc toutes les parties des organes sont accolées les unes aux autres. Ils créent une continuité permettant la transmission des forces. Ainsi un nerf peut être étiré ou comprimé durant son trajet par tous les éléments qui l’accompagnent.

 

Allons encore un peu plus loin…

LE NERF PEUT SUBIR UNE COMPRESSION OU UN ETIREMENT RESPONSABLE DE LA DOULEUR

  • Le nerf responsable de la douleur peut être comprimé

Toutes les cellules de notre corps reçoivent du sang ! les nerfs ne font pas exception à la règle. Il existe de minuscules vaisseaux sanguins pour les nerfs appelée « vaso nervorum » (traduisez « vaisseaux sanguin du nerf »). Une compression correspond à un arrêt de l’apport sanguin. Le sang apporte au nerf l’approvisionnement en oxygène et en « carburant » nécessaire pour fonctionner.

            Compression locale

Le plus souvent, c’est un muscle qui en est responsable de la compression locale sur le nerf. Le nerf intercostal sort de la colonne vertébrale et court sous une côte avec une artère et une veine intercostale encadrés par des muscles qui relient deux côtes superposées. La contraction maintenue et prolongée de ces muscles peuvent comprimer le nerf contre une côte et générer une douleur costale

            Compression à distance 

            Tous les organes et composants de notre corps sont juxtaposés. Si on découpe le thorax d’un homme pour voir la composition de la paroi, on observera de multiples couches. La plus profonde et la plus superficielle ne sont pas en contact direct avec le nerf.  Pourtant, la juxtaposition des couches permet la transmission des forces jusqu’à atteindre la couche qui contient le nerf.

 

  • Le nerf responsable de la douleur peut être étiré

Notre thorax se déforme à chaque respiration, il existe une liberté des structures qui leur permet une certaine adaptation. Mais si cette liberté de mouvement est réduite au point d’éprouver la souplesse même du nerf, alors il y a étirement. L’étirement va tout comme la compression empêcher le sang prévu pour le nerf d’affluer. La privation de sang correspond à un arrêt d’oxygène pour le nerf.

L’étirement de proche en proche

Tout comme pour la compression à distance les organes et composants de notre corps sont juxtaposés. Si on découpe le thorax d’un homme pour voir la composition de la paroi qui le compose, on observera de multiples couches. La plus profonde et la plus superficielle ne sont pas en contact direct avec le nerf  ; pourtant la juxtaposition des couches permet la transmission des forces jusqu’à atteindre la couche qui contient le nerf.

            L’étirement à distance

On peut faire l’analogie d’un nerf, sur le plan mécanique, à celui d’une corde traversant un ensemble de poulies. Dans le corps, chaque structure environnant le nerf est potentiellement autant de poulies de réflexions ou de points d’appuis dont l’accumulation éprouvera les capacités d’étirement du nerf.

Ainsi pour un nerf thoracique qui émerge de « l’unité centrale » au niveau de la colonne vertébrale, si une tension des muscles qui contrôlent la position d’une vertèbre par rapport aux autres vient à arriver et se maintenir, le nerf va s’étendre comme une corde depuis son origine vertébrale sur les structures qui bordent son parcours. La majoration de la tension viendra limiter ainsi les capacités d’étirement du nerf.

 

Conclusion

 

> Dans le cas d’une douleur costale persistante et/ou invalidante, il est nécessaire de passer par les urgences médicales. Le diagnostic et le pronostic d’une douleur costale incombe à la médecine !

> Une douleur costale qui ne relève pas de la médecine possède un panel gigantesque de possibilités de causes qui ont le mérite d’être explorées « ostéopathiquement » parlant c’est-à-dire anatomiquement.

 

ZOOM SUR… L’OSTEOPATHE DANS LE PARCOURS DE SOINS

A la différence des kinésithérapeutes, les ostéopathes ne travaillent pas sous prescription médicale : un médecin ne prescrit pas de l’ostéopathie. Il  en fait l’indication. Mais est-ce vraiment un réflexe chez le médecin ?

Plutôt qu’attendre ou prendre un anti douleur, pourquoi ne proposerait-on pas de l’ostéopathie ?

« Il n’y a rien médicalement, allez donc voir un ostéopathe. »

Il pourrait le justifier par la connaissance en anatomie des ostéopathes et la recherche spécifique qu’ils effectueront pour localiser l’origine de la douleur et proposer une intervention manuelle adaptée.

 

Pistes sur les limites actuelles à l’indication de l’ostéopathie

L’ostéopathie est une profession jeune à côté de la médecine (environ 70 ans en France à côté de plusieurs siècles pour la médecine). Nombre de médecins ignorent ce que l’ostéopathie peut apporter. Et hélas, le champ de nos interventions est souvent réduit à un « craquement ». C’est aussi minimaliste que de résumer l’intervention médicale à  une piqûre. L’ostéopathie n’est pas une technique. C’est une approche de soins globale soutenue d’une démarche et de principes. On ne fait pas craquer une articulation pour faire craquer une articulation. Mais il est vrai qu’une articulation peut craquer au décours d’une mobilisation. Le craquement est un témoin de décompression articulaire et non la signature d’une technique correctement réalisée.

Nous ne sommes pas des « cracothérapeutes » !

Si une simple manipulation avec un craquement résolvait tous les soucis, ça se saurait !

Bon  nombre  de nos interventions ne touchent pas les articulations. Le corps se compose, certes, de 360 articulations mais également de 660 muscles, 222 os, de  kilomètres de vaisseaux sanguins et nerveux et d’une panoplie d’organes dont l’intestin grêle pouvant faire plusieurs mètres !

Le dictionnaire Larousse donne d’autres définitions du mot articulation : « liaison entre deux éléments ». Vous pouvez imaginer la portée de nos interventions : liaison entre un os et ses muscles, liaison entre un viscère et ses enveloppes, …

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